CINEMA #7 SAINT-LAURENT

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Le film Saint-Laurent de Bertrand Bonello est le deuxième film sortie cette année sur la vie du grand couturier Yves Saint Laurent.

Yves Saint Laurent est considéré comme un dieu de la haute couture, un génie, innovateur, avant-gardiste et amoureux de l’élégance féminine.

Bonello joue clairement dans la cour des grands comparé au premier film, Yves Saint Laurent de Jalil Lespert.

Le film se concentre sur 10 ans de la vie du créateur, l’époque où ses créations étaient à leurs apogée, ainsi qu’au même moment où sa vie personnelle à été la plus mouvementée. Bonello ne cherche pas à démystifier le créateur, ou le faire paraître plus réel, plus proche des gens. Il ne rapporte pas la vie du styliste de A à Z, il l’interprète de manière cinématographiquee… (HEIN ??!). En fait, ce n’est pas juste un documentaire avec des acteurs et un point de vue extérieur… Ce film EST Yves Saint Laurent. De la grâce, de la finesse, de la noirceur, de l’angoisse, du luxe, de la classe et de l’esthétisme.

Je reprochais au premier film de ne pas assez montrer le côté création, les collections, du pourquoi avoir fait tel ou tel choix, comme par exemple, avoir ouvert une boutique de prêt à porter. Les enjeux financiers n’étaient que très peu abordés et cela m’avait énormément déçu.

Ici, on voit clairement tout ce qu’il y a à voir, les bonnes choses et les mauvaises, car comme je l’ai dit précédemment, ce film EST Yves Saint-Laurent. L’obsession de créer à détruit sa vie, ayant un rapport direct avec la mort très bien illustré dans le film. Bien que pour le coup, la relation Saint-Laurent/Pierre Bergé ne soit qu’évoquée contrairement au premier film, on voit ce Pierre Bergé semblable à un rapace financier. C’en est presque caricatural. Je pense que c’est en parti pour ça qu’il a donné son accord pour le film Lespert, beaucoup plus édulcoré, et pas pour celui-ci.

La partie relationnelle entre le couturier et Jacques de Bascher, donne lieue aux plus belles scènes du film. On assiste à sa descente aux enfers, entraînée par un Louis Garrel sublimissime. C’est la partie que j’ai trouvé la plus intéressante car on y retrouve toutes les facettes d’YSL, capable de se souiller, de boire, de se droguer, en proie à une folie destructrice et de puiser dans tout ça l’immense génie de ses créations. (Ce paragraphe est sûrement n’importe quoi parce que quand je parle de Louis Garrel, mon esprit ne répond plus de rien. Zéro objectivité.)

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J’ai préféré Pierre Niney à Gaspard Ulliel dans le rôle d’Yves Saint Laurent. Il est vrai que ce dernier a perdu 12 kg pour le rôle afin de paraitre plus fluet et fragile, mais pour moi Ulliel dégage beaucoup trop de virilité; il aura beau faire pleins d’effort, c’est pas de sa faute s’il a une aura de mâââle puissant.

Léa Seydoux, bah c’est Léa Seydoux. Next.

La scène avec Valéria Bruni-Tedeschi est le plus grand hommage que l’on pouvait faire. Une scène de 2min qui résume tout ce qu’il a apporté au monde des femmes.

Tout pleins de petites parcelles de la vie d’Yves Saint-Laurent sont placés astucieusement dans le film (Proust bien entendu. La voix de La Callas, Marrakech, ville dans laquelle l’inspiration venait plus facilement. De Marguerite Duras à Visconti. Ou Catherine Deneuve). Cela a pour effet d’avoir un kaléidoscope des facettes de ce génie, quelque peu schizophrène.

La seule petite chose qui m’a déplut est le plan chronologique de la fin, où alternent des retours en arrière dans les années 70’s, puis des plans du présent, puis une scène de son enfance, etc. Je ne savais plus où allait le film, et j’ai moins apprécié.

J’ai mis énormément de temps à faire cette « critique » tant il m’est impossible de résumer ce film, qui est une succession complexe des divers traits de caractères d’Yves Saint-Laurent. C’est très vaste en en même temps très détaillé. Bref, j’ai eu plus qu’un énorme coup de coeur pour ce petit chef d’oeuvre de cette année 2014.

SignatureKarel

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