CINEMA #3 « 3 coeurs »

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Trois semaines avant sa sortie en salle, j’ai eu la chance d’assister à l’avant-première du film 3 cœurs, en présence du réalisateur Benoit Jacquot et de la productrice Alice Girard.

L’histoire de 3 cœurs commence par le malheur d’un homme (Benoit Poelvoorde) qui loupe son dernier train pour rentrer chez lui, sur Paris. Errant dans la Province, il rencontre une femme (Charlotte Gainsbourg), et tous deux marchent dans les rues sombres de cette ville fantôme. Plus la nuit avance, et plus les regards entre eux se font passionnés. Mais cet homme doit prendre son train pour rentrer. Aucun noms, aucune adresse, juste une heure et un lieu de rendez-vous pour se retrouver.

Oui mais voilà, lui fait un petit infarctus pendant qu’elle l’attend encore et encore. Il finit par arriver, mais c’est trop tard. Et impossible de la retrouver. Le temps passe et il rencontre une autre femme. Elle s’appelle Sophie et lui, Marc. Ils s’aimeront tendrement et feront leur vie ensemble. Les années passent, et de fil en aiguille, Marc comprend que Sylvie, la sœur de sa femme, est en fait son amour perdu…

 Histoire classique qui débute à la manière de Before Sunrise. Donc du vu et revu.

C’est sans compter sur les acteurs brillantissimes que sont Charlotte Gainsbourg, Chiara Mastroianni, Benoit Poelvoorde et Catherine Deneuve. Le réalisateur voulait absolument avoir Charlotte Gainsbourg pour son film, et on comprend pourquoi.

Un regard, un souffle, un silence expriment des milliers de sentiments, de sorte que cette histoire banale devient un mélodrame presque polarisé.

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J’ai tout de suite remarqué la musique, ou plutôt l’absence de musique. Il y a en tout deux thèmes musicaux qui reviennent tout le temps. Tout.le.temps. Les acteurs sont tellement bons que c’était un peu excessif. La musique de polar accentue les moments stressant là où le silence aurait été plus judicieux. La répétition de ces thèmes m’a énormément gonflé et c’est donc pour moi, un gros point noir du film. – Benoit Jacquot a certifié que c’était fait exprès, parce qu’il ne voulait pas une BO juste pour meubler le film, mais au contraire qu’elle soit personnifiée. Apparemment, la musique de polar souligne le suspens sentimentale –

Deuxième point noir : le rythme est découpé en trois parties qui correspondent aux états d’esprit de Marc. Assez rapide pour la rencontre, très lent parce qu’il est heureux, et rapide pour le dénouement. Vers le milieu du film, dans la salle, j’entendais des soupirs, dont les miens, d’ennui, ou d’agacement peut-être. Filmer le bonheur des gens, c’est pas forcément intéressant, et pour le coup, c’était vraiment trop long.

Toujours vers le milieu du film, intervient soudain une voix-off, nous expliquant les ellipses de l’histoire. Comme si le spectateur était trop stupide pour ne pas comprendre que le temps avait passé avant qu’ils se marient et que cet enfant, là, sur l’écran, c’est le leur. Si la narration avait été présente dès le début du film, il n’y aurait pas eu cette impression. Une voix-off, c’est bien mais bien mise en scène, c’est mieux.

Exceptés ces aspects négatifs, Benoit Jacquot a su faire de l’histoire classique d’un triangle amoureux, un drame sentimental angoissant. Tous les messages portés par le film sont compris et nous sommes très loin d’une rom-com à l’américaine avec happy ending et tout le tralala. D’un côté l’histoire d’amour et de l’autre, le drame passionnel s’affrontent et se déchirent à l’intérieur d’un seul homme. C’est beau, c’est oppressant, c’est troublant.

Bande-annonce.

SignatureKarel

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